Bureau de communication institutionnelle de la FSP

Cité du Vatican, le 8 octobre 2026 — Commandée par la Fabbrica di San Pietro et réalisée par studiogusto®, cette police a été développée pour l’écosystème Microsoft Office. Plus de 500 glyphes et quatre styles transforment le trait de l’artiste en un système accessible et utilisable gratuitement dans le monde entier, faisant dialoguer patrimoine historique, design et technologie.

Aucun artiste n’est aussi intimement lié que Michel-Ange Buonarroti à l’extraordinaire histoire de la Fabbrica di San Pietro. Sa Pietà et la coupole de la Basilique sont les témoins universels et pérennes de ce lien exceptionnel. Aujourd’hui, son trait et son écriture deviennent une police de caractères contemporaine. Il s’agit de Michelangelus, la nouvelle police de Microsoft, commandée par la Fabbrica di San Pietro et conçue par studiogusto®, qui rejoint la collection de l’écosystème Office. Ancrée dans le patrimoine culturel et spirituel lié à Michel-Ange et développée grâce au design et à la technologie, Michelangelus est le fruit d’un processus rigoureux de recherche, de conception et de vérification. Elle est accessible aux particuliers et aux organisations du monde entier.

Une synthèse d’histoire, de design et de technologie

Commandée par la Fabbrica di San Pietro et réalisée par studiogusto®, la police s’inspire de l’écriture vigoureuse de Michel-Ange Buonarroti. Elle va toutefois au-delà de la simple reproduction du style graphique de l’artiste et de l’imitation de ses techniques calligraphiques. L’ambition est plus large : dégager de son écriture une logique visuelle, un système de proportions, de rythme et d’harmonie guidé par le regard de l’artiste, pour le transposer dans un système typographique contemporain.

Michelangelus établit un lien entre des dimensions apparemment éloignées : mémoire et innovation. Les manuscrits originaux de la Renaissance et les logiciels modernes ; le mouvement de la main et le dessin vectoriel ; les archives de documents historiques et les outils numériques utilisés chaque jour par des millions de personnes.

Au terme d’un processus rigoureux de vérification et de perfectionnement, Michelangelus comprend plus de 500 glyphes et se décline en quatre styles : Regular, Italic, Bold et Bold Italic. Il s’agit d’un système typographique complet, doté d’une identité singulière, tout en restant lisible et polyvalent, conçu pour une grande variété d’usages, aussi bien dans l’imprimé que dans les applications numériques. Il répond aux normes requises par les différentes applications, en premier lieu en tant que police système pour Microsoft 365 Office.

La police est également proposée en téléchargement direct, permettant aux particuliers et aux organisations de l’installer et de l’utiliser gratuitement. Ce libre accès s’accompagne d’un modèle de licence conçu pour protéger l’intégrité et la distribution de la famille typographique.

Le projet Michelangelus est l’une des initiatives numériques confiées à Microsoft par la Fabbrica di San Pietro in Vaticano pour promouvoir et valoriser son patrimoine culturel.


Pour aller plus loin

De la signature à la forme

Le projet s’est d’abord concentré sur la dimension la plus personnelle de l’œuvre de Michel-Ange : son écriture et, en particulier, sa signature. La signature révèle beaucoup du caractère de son auteur, car elle porte les traces de ses gestes et de sa personnalité.

Une puissante tension entre énergie et maîtrise se dégage de l’écriture de Michel-Ange : dans la densité des formes, l’alternance entre accélérations et pauses du trait, la force des lignes, le rapport entre courbes et angles et, surtout, sa capacité singulière à organiser l’espace vide.

Le projet ne naît pas de l’intention de reproduire fidèlement l’écriture de Michel-Ange, mais de la volonté d’en interpréter les traits distinctifs à travers le langage typographique. Le concept a donc été développé selon un processus d’analyse et d’interprétation : distinguer les schémas récurrents des formes fortuites, comprendre quels éléments, quelles proportions et quels rythmes rendaient son écriture reconnaissable, puis les transposer dans un système typographique.

L’écriture individuelle présente des irrégularités et des gestes uniques ; une police de caractères doit, quant à elle, retravailler ces éléments pour les transformer en critères cohérents, pouvant être appliqués et reproduits sans perdre le style de l’écriture d’origine. C’est pourquoi l’équipe de studiogusto® a approfondi ses recherches en étudiant des documents originaux de Michel-Ange conservés dans les archives de la Fabbrica di San Pietro, aux Archives apostoliques du Vatican et à la Casa Buonarroti, à Florence.

La recherche a constamment oscillé entre la dimension personnelle et la dimension monumentale. Lettres, notes et signatures ont révélé le style de l’écriture de Michel-Ange, qui a fortement influencé les formes minuscules de la police. Les majuscules, en revanche, évoquent la dimension monumentale de son œuvre — de la Pietà à la coupole de la Basilique Saint-Pierre —, créant un dialogue entre la voix personnelle de l’artiste et sa présence publique et magistrale. Le rapport entre expression personnelle et lisibilité, au cœur de la transformation d’une écriture manuscrite en police de caractères, trouve également un écho singulier dans la correspondance familiale de Buonarroti. Michel-Ange écrivait souvent à son neveu, Lionardo Buonarroti, dont l’écriture était pour lui une source fréquente de frustration. Dans une lettre, Michel-Ange se plaignait : « Ne m’écris plus : chaque fois qu’une de tes lettres arrive, l’effort que je fais pour la lire me donne la fièvre ! Je n’arrive pas à imaginer où tu as appris à écrire. Je crois que, si tu devais écrire au plus grand âne du monde, tu y mettrais plus de soin que tu n’en mets avec moi. N’ajoute donc pas d’autres désagréments à ceux que j’ai déjà. » (Lionardo continua à écrire et Michel-Ange continua à se plaindre.)

Les recherches de l’équipe de conception ont permis de définir les éléments qui rendent l’écriture de Michel-Ange reconnaissable, au-delà de la singularité du geste manuel. Certaines caractéristiques récurrentes se sont progressivement dégagées : la construction des majuscules, le rapport entre espaces positifs et négatifs, les proportions des formes, la cohérence des inclinaisons, la structure des terminaisons et le rythme général de l’écriture.

L’un des aspects les plus significatifs a été la révélation d’un ordre invisible : même lorsque l’écriture paraît spontanée et expressive, elle conserve une structure précise, presque architecturale. Une grille invisible régit les signes, créant un équilibre entre vitalité et discipline.

Ce principe est devenu l’un des éléments distinctifs de Michelangelus : une structure si rigoureuse qu’elle permet à la forme de rester libre.